Le Monde
J’ai l’âge où l’on regarde s’eloigner l’enfance comme ce continent que l’on ne reverra plus.
La maturité dit-on, l’âge où l’on comprend que le temps file plus vite que nos rêves d’enfance.
C’était hier. Le monde m’apparaissait comme une vaste étendue riche de milles opportunités, d’innombrables mystères. Désormais il me semble en connaître partout les ressorts, comme une pièce de théâtre que l'on connait par coeur.
Je n’ai pas eu besoin comme mon ami Rimbaud, Arthur, d’aller au fin fond de l’afrique pour y perdre mes rêves de richesse et de grandeur. Il eut deux vies. On n’en connaît qu’une et lui aussi. Allah al Karim, le généreux, un des 99 noms de Dieu pour les musulmans, dira-t-il en expirant dans cet hôpital marseillais. Le poète si grand, corps anonyme au fond de son lit brûlant.
Le monde est toujours le monde.
Il était monde lorsque j’avais onze ans.
Encore monde lorsque j’avais dix sept ans.
Toujours monde lorsque aujourd’hui je ne veux plus compter les ans.
« Le drame de la vie c’est que l’on quitte l’enfance »
Un jour on s’apercoit que ce monde que l’on voulait connaître enfant, ce n’est plus que celui que l’on se remémore maintenant, et que le monde que l’on connaîtra ne lui ressemblera pas, car en réalité c’est ce regard d’enfant que l’on a perdu.

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